L’ÉVENTAIL
Auteur : Carlo Goldoni
L’Éventail ? Autant calculer la trajectoire d’un papillon, car cette petite comédie en trois actes de Goldoni (l’une de ses préférées) en a la délicatesse capricieuse et la printanière légèreté. Et de même que le battement des ailes d’un papillon peut finir, de proche en proche, par soulever une tempête, de même avec cet éventail : tandis qu’il passe, toujours plus vite, de mains en mains, le ciel serein des amours réciproques se couvre soudain de nuages toujours plus menaçants.
Tout rentre évidemment dans l’ordre quand l’éventail parvient enfin à destination (toute une journée pour franchir quelques mètres !) ; mais ce voyage presque immobile, à travers la petite place d’un village d’Italie, aura suffi à Goldoni pour tracer de main de maître le portrait souriant de toute une société.
La pièce se déroule sur la place d’un village italien, où tout le monde vaque à ses occupations. Soudain, la Signora Candida, du haut de son balcon, échappe son éventail. Il se brise. Le Signor Evaristo, fou amoureux d’elle, veut lui en offrir un autre. Mal lui en prit, car à partir de cet accident en apparence anodin, découlera une cascade de quiproquos et de malentendus qui feront ressurgir les vieilles rivalités et mettront à jour les vrais sentiments: amour, orgueil, jalousie, envie… un mélange explosif qui ne manquera pas de faire rire.
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